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L'Europe: une opportunité d'investissement |
Juin 2010 |
Entretien avec Grégoire Scheiff
Grégoire Scheiff, Directeur associé
Paris, le 11/06/2010
Quel tableau peut-on dresser de l’économie mondiale actuellement ?
La situation de certains Etats constitue-t-elle une réelle menace dans un scénario de reprise ?
Sommes-nous sortis de la crise ?
L’économie mondiale est en train de repartir (4% de croissance prévue en 2010) même si elle sera disparate. Son redressement est autonome et nous observons une reprise de l’emploi et aussi une légère reprise de l’investissement aux Etats-Unis. Nous sommes dans un cycle de désendettement privé et public. Les marchés exigent un désendettement rapide et concomitant des ménages et des Etats (alors qu’habituellement le désendettement public suit le désendettement privé). Pour ce dernier, une économie budgétaire est de rigueur et constitue donc un frein à la reprise économique.
Nous ne sommes pas sortis de la crise et si la pression sur la dette souveraine des Etats du Sud de l’Europe (Grèce, Portugal) parvient jusqu’aux Etats du Nord (comme la France), la crise actuelle rentrerait alors dans une nouvelle phase, beaucoup plus grave.
Quelles sont les perspectives économiques et de marché à court et moyen terme sur :
- Zone euro - Grèce
- USA + dollar
- Japon
- Pays émergents
- Matières premières (or en particulier)
Euro : une perspective de croissance économique faible avec l’Allemagne qui a imposé une austérité budgétaire pour les trois prochaines années. Ce défi parait très difficile à relever surtout lorsqu’on sait que les Américains et les Anglais ont eux étalé leur plan de relance sur 6 ou 8 ans.
USA : nous observons une phase de reprise plus forte, les Américains sont plus autonomes dans leur gestion de la crise, mais elle reste fragile et incertaine car elle repose sur la baisse du taux d’épargne (ils ont puisé sur leurs réserves de sicav monétaires). Il n’y aura donc pas de gain de productivité et de reprise de l’endettement (car cycle de désendettement).
Japon : pays englué depuis 2 décennies dans une faible croissance, Etat surendetté mais sauvé par des taux d’intérêt extrêmement bas garantis par une épargne domestique forte.
Pays Émergents : une réelle reprise économique qui s’auto-entretient. Même si avec une Europe en crise, les débouchés sont moins intéressants et les excédents commerciaux ont tendance à se réduire, les réserves budgétaires sont suffisantes pour subvenir à un éventuel coup de fatigue (notamment en Chine).
Dollar: la parité euro/dollar ne devrait pas bouger sauf si la solvabilité de la France est remise en cause. Le cas contraire, on peut avoir une stabilisation du dollar autour de 1,20 surtout si on considère que le problème de la dette reste circonscris autour des pays du Sud.
Matières premières : le cours du pétrole ne va pas s’effondrer car les cours sont maintenus par l’Arabie Saoudite qui ouvre et ferme le robinet en conséquence pour maintenir les prix au dessus des 65/70 dollars et d’autant plus si la croissance perdure dans les pays émergents. L’or est un pari très spéculatif car même si c’est un placement refuge il reste très volatil. D’un autre côté, en termes de précaution c’est judicieux d’en avoir.
Concernant les actions, quels sont les marchés qui vous semblent les plus opportuns ? Le type de valeurs à privilégier ?
Le contexte actuel oblige-t-il à plus de réactivité dans votre gestion ?
Nous préférons parler d’un certain type de valeurs plutôt que de marchés géographiques. Les valeurs non cycliques comme les utilities, les pharmaceutiques et les télécoms ont des valorisations décotées alors qu’elles présentent de réelles opportunités d’investissement (rendement des dividendes de 5 à 10%, forte visibilité sur les cash flows…). De plus, les actions larges cap de la zone euro exportent entre 40 et 60% de leur production à l’international, elles profitent donc de la croissance des pays émergents et de la baisse de l’euro. Life présente bien ce concept de valeurs défensives avec des rentes indexées sur l’inflation et le fonds est également intéressant en termes de performances (meilleur fonds actions de la gamme en début d’année). Centifolia Europe constitue la gestion value défensive par excellence avec une très forte surpondération des valeurs défensives et une absence de valeurs financières dans son portefeuille.
Le contexte actuel, avec une telle volatilité sur les marchés, présente de réelles opportunités d’arbitrage. Leonardo Invest Miura permet de profiter de ces écarts de marché sans le côté directionnel (biais totalement neutre sur le marché). Le fonds permet de préserver le capital et d‘obtenir des performances relatives à l’Eonia. Il s’agit d’un fonds peu risqué, liquide, sans levier à l’image de Centifolia mais sans le côté directionnel.
La piste de l’investissement régulier est-elle à privilégier ? Faut-il favoriser les arbitrages réguliers ?
Face à de tels marchés, très techniques et avec une forte volatilité, les fondamentaux comptent assez peu. Il faut être très attentif aux opportunités qui se présentent et qui ne peuvent pas être détectées avec un arbitrage régulier (ex : les obligations corporate l’année passée). Oui, il faut favoriser les gestions réactives comme DNCA Evolutif dont le gérant a fait ses preuves depuis plus de 20 ans. Ce type de fonds permet de tirer son épingle du jeu avec un risque limité.
Pour conclure, quels sont les nouveaux reflexes à avoir pour construire une bonne allocation d’actifs ?
Il n’y a pas de nouveaux réflexes à avoir, il faut toujours se servir des mêmes réflexes. Nous pensons qu’il faut se méfier des actifs à la mode et que la meilleure façon de gagner de l’argent sans prendre trop de risques c’est d’être contrariant, c'est-à-dire acheter des actifs pas chers et pas trop à la mode.
Car si les nouvelles ne sont pas bonnes, le down side est faible car personne en possède et en revanche si une bonne nouvelle arrive, tout le monde s’y met et ça monte. Ainsi il y a de bonnes perspectives de plus value à terme si le stock-picking est bon et peu de risques associés derrière. Alors qu’à acheter de façon moutonnière un actif que tout le monde achète (ex : aller aujourd’hui sur les émergents qui peuvent constituer une bulle dans les prochains mois) peut, en cas de déception, nous obliger à sortir par une porte étroite après avoir acheté un actif cher.
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